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  • Jenny Ams

L'ascenseur

L'ascenseur... Je trouve cet endroit fantastique, j'adore me retrouver SEULE dedans... Mais on n'est pas toujours seul, surtout quand on habite au dernier étage.

Je me suis toujours demandé si un neurotypique ressent la même gêne. On est dans un espace hyper réduit, et on doit le partager avec quelau'un d'autre.

A part une de mes voisines que j'aime beaucoup (je suis sûre qu'elle se reconnaîtra), en général, quand je rentre dans mon immeuble et que je vois que quelqu'un l'attend déjà, je ressors.

Mais parfois on n'a pas le choix, ou on se retrouve dans un endroit dans lequel c'est impossible d'être seule... Et là commence un voyage, bien plus long mentalement qu'un New York/ Paris, bien plus stressant qu'un saut à l'élastique (enfin j'imagine, je n'ai jamais testé).

Plusieurs choses se passent dans ma tête à ce moment là.

Déjà, est-ce que je suis obligée de saluer? Alors la réponse positive paraît s'imposer, sinon je vais encore paraître (ou être) l'antipathique de service. D'un côté, si je ne salue pas, au moins le décor est planté et je n'aurai pas toutes les interrogations suivantes, mais encore une fois, je suis à la recherche d'une intégration parfaite et totale dans la société... Donc saluons!

En général c'est suffisant. Mais parfois non.

Parfois, les personnes me fixent, comme ci elles attendaient quelque chose de moi, alors le cheminement suivant commence, Je comprend qu'il faut dialoguer.

J'ai constaté, au fil des années, que les sujets qui reviennent le plus souvent dans les conversations "rapides", les conversations "inutiles", sont, soit la météo, soit la politique (en surface bien entendu), soit les autres.

La météo reste encore le sujet le plus simple. Disons que c'est le seul sujet sur lequel rentrer en conflit direct est plutôt évitable. Il est vrai qu'on peut, si on cherche encore plus loin, rentrer dans un débat sur l'utilité de la pluie, ou sur le fait que la température de 20 degrés soit chaude ou fraiche, mais il faudrait monter au 15eme étage pour arriver jusqu'à ce genre de conversation. Heureusement mon immeuble n'arrive pas jusqu'à cette hauteur. pfffiou on souffle....

Ok, tu me fixes, j'en conclus que tu veux rentrer en communication. Alors parlons....

"Olala vous avez vu ce temps?"... Allez, tiens le coup Jenny, 5 minutes de conversation, n'oublie pas de sourire, maintient le regard, ai l'air très intéressée par l'information capitale que représente la météo du jour...

Ça n'est pas encore la situation la plus perturbante, là j'ai encore un peu de maîtrise.

La situation la plus compliquée est encore celle où c'est l'autre personne qui lance une conversation, et sur un sujet piège.


La dernière fois, ma voisine, avec laquelle j'ai du échanger dans ma vie 3 phrases, a décidé de m'expliquer ce qu'elle pensait de ma relation avec ma mère. Ma mère avec laquelle elle n'a jamais parlé.

Son point de vu était erroné évidemment, mais j'étais trop occupée à me remémorer les regles sociales pour trouver la force de lui répondre. Alors j'ai souris.

En sortant elle avait l'air satisfaite moi non!

Je ne comprends pas ce besoin de parler à un inconnu total, avec qui on n'a rien en commun, à part le lieu dans lequel on se trouve!

J'essaye parfois la technique du téléphone, ou montrer à quel point je suis plongeée dans mes pensées, mais en réalité ça ne sert à rien...

Alors, si on prend l'ascenseur ensemble un jour, et que je vous parle du climat, comprenez que j'ai juste besoin de silence... Si je vous parle volontiers par contre vous saurez à quel point je vous aime... Ou pas...