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  • Jenny Ams

C'est la crise...

C'est la crise…. Je vais poster quelques articles qui seront moins sympathiques que d'habitude. Je n'en ferai pas beaucoup, mais finalement mon objectif est quand même d'ouvrir les yeux au monde sur ce qui peut se passer. Aujourd'hui je vais rentrer dans le vif du sujet, pour ne pas trop choquer mes proches je le ferai de manière impersonnelle, ce qui veut dire que cette fois ci je parlerai de manière générale pour que ce soit moins facile de m'imaginer dans cette situation. L'inconvénient quand tu es autiste verbal c'est que les personnes qui t'entourent ont la facilité déconcertante de prendre les choses à la légère. Sauf que le fait de parler ne fait pas de nous des neurotypique, le faite de chercher à s'adapter aux autres et de tout faire pour leur ressembler ne fait au contraire qu'aggraver la situation. Les efforts fournis au quotidien pour avoir l'air de ressembler aux autres finissent par nous brûler de l'intérieur, par nous détruire. Je ferai un autre article plus tard sur la perte de sa propre personnalité, quand j'aurai retrouvé mon sens de l'humour ça passera mieux. Mais celui là il faut le faire sans filtre "comique", je ne chercherai pas à dissimuler la souffrance derrière un filtre que vous serez capable d'encaisser. Parce que, aujourd'hui, je n'ai pas envie de vous épargner, au contraire je pense que si vous prenez les choses en frontale ça vous permettra de percevoir certaines choses et peut-être d'aider les autistes de votre entourage… Une étude suédoise de 2015 intitulée National Patient Registrymontre que le risque de suicide chez les personnes autistes est 10 fois plus élevé que dans la population générale. Les femmes autistes sont particulièrement touchées par ce risque. Voilà c'est balancé, une étude réalisée sur 260 personnes sur le spectre autistique démontre que 66% d'entre elles ont déjà été tentées par le suicide et ça commence souvent très jeune. Vous comprendrez mon choix narratif et pourquoi cette fois ci je ne parlerai pas en mon nom. Dans la vie on a tous des problèmes, on affronte des situations plus ou moins délicates, des stress, des angoisses, généralement on compte sur nos proches pour nous soutenir. Mais n'oubliez pas, les autistes sont solitaires, beaucoup d'entre nous manquent de discernement face à leurs émotions donc ils sentiront l'alerte venir trop tard. Les formes d'effondrement sont différentes selon le niveau de stress auquel on est soumis, selon le niveau de perception de notre entourage aussi. Si l'entourage s'en rend compte suffisamment tôt pour nous mettre à l'abris la crise peut s'atténuer plus vite. Mais si on va jusqu'à l'explosion, jusqu'au shutdown total, les conséquences peuvent être fortes, trop fortes. Anorexie, boulimie, automutilation, renfermement total sur soi-même, démangeaisons à s'en arracher la peau, nervosité extrême, crises de colère, de larme, de hurlements, et pensées suicidaires. Le problème chez les personnes avec une très forte force d'adaptation c'est que les crises sont parfois ignorées ou minimisées. "Oh c'est bon, elle a quelques problèmes en ce moment, comme tout le monde, ça finira par lui passer…" Sauf qu'à ce moment là sur l'échelle de la souffrance interne on peut avoisiner les 10000 (sur une échelle de 1 à 10 évidemment). On est vidés de l'intérieur, sans savoir pourquoi, sans savoir ce qui nous a poussé aussi loin dans le mal-être, ça peut même venir d'une situation banale, on peut ne même pas s'être aperçu que quelque chose n'allait pas. Souvent quand je vais au resto avec mes copines, j'ai des moments de calme total, le regard dans le vide, je n'entends plus, ne vois plus, ne sens plus. Sur le coup je ne m'en aperçois pas forcément, c'est une réaction d'autodéfense de mon cerveau face au trop plein de stimulation. Mais quand il y a trop de stimulation, qu'on y ajoute trop d'émotions internes mal perçues, une fatigue sous-jacente, un combat pour garder le contrôle sur soi permanent, on arrive à ce fameux shutdown. Il fait mal, à la personne, à son entourage, surtout quand c'est violent et qu'ils ne perçoivent pas la perte totale de contrôle. Et nous, on ne sait pas vraiment ce qu'on veut, ce qui pourrait nous aider, nous sortir de cette envie d'autodestruction totale. On veut se battre, on aimerai surtout qu'on nous comprenne. Parfois l'amour inconditionnel de notre entourage est un tremplin, parfois ça vient comme ça part. Sauf que ça peut durer des semaines, des mois. Il y a aujourd'hui des méthodes naturelles qui aident un peu à atténuer. J'avoue que depuis que j'entraîne mon cerveau avec neuroptimal ® les crises sont moins longues. Mais le problème quand on est en crise c'est surtout le manque d envie de s'en sortir. Je suis désolée, cette fois je ne vous ai pas fait rire… mais je vous aime quand même, ou pas…. ❤❤

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